TAJ : effacement du fichier antécédents judiciaires
Catégorie : Droit pénal
Par Maître Ibrahim Shalabi — publié le
Le TAJ recense les personnes mises en cause même sans condamnation. Conditions et procédure d'effacement devant le procureur de la République expliquées.
L'essentiel
- Le traitement d'antécédents judiciaires (TAJ) est régi par les articles 230-6 à 230-11 du Code de procédure pénale. Il recense les personnes mises en cause, y compris après un classement sans suite, une relaxe ou un acquittement.
- La demande d'effacement se forme auprès du procureur de la République territorialement compétent, par lettre recommandée avec accusé de réception. Il dispose de deux mois pour se prononcer (article 230-8 du Code de procédure pénale) et son silence vaut rejet.
- La demande est immédiatement recevable après une décision de relaxe, d'acquittement, de non-lieu, de classement sans suite ou de condamnation assortie d'une dispense de peine. Dans les autres cas, elle suppose que le bulletin n° 2 du casier judiciaire ne porte plus aucune mention pénale.
- Le refus du procureur de la République est susceptible de recours devant le président de la chambre de l'instruction, en application de l'article 230-8 du Code de procédure pénale.
- À défaut d'effacement, le procureur peut ordonner une mention interdisant la consultation des données lors des enquêtes administratives : le TAJ reste alors accessible aux seules autorités judiciaires, ce qui débloque les recrutements soumis à enquête.
Vous postulez à un emploi de sécurité privée, vous candidatez à un poste dans la police ou la gendarmerie, vous demandez un badge aéroportuaire ou une naturalisation, et l'administration vous oppose un refus mystérieux ? Le coupable est souvent le TAJ, ce fichier de police méconnu mais redoutablement puissant qui peut bloquer un recrutement même en l'absence de toute condamnation pénale.
Le Traitement des Antécédents Judiciaires est l'un des fichiers les plus consultés en France. Créé en 2011 et géré par le ministère de l'Intérieur, il fusionne les anciens fichiers STIC (police) et JUDEX (gendarmerie). Sa particularité est de recenser non seulement les personnes condamnées, mais aussi toute personne mise en cause dans une enquête, même si elle a bénéficié d'un classement sans suite, d'une relaxe ou d'un acquittement.
Cette logique a des conséquences directes : un simple rappel à la loi ou une plainte classée peut continuer à apparaître dans le TAJ pendant des années et bloquer un projet professionnel. Heureusement, la loi prévoit des voies de recours. Cet article fait le point complet sur le fonctionnement du TAJ, ses conséquences et la procédure d'effacement.
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis juridique adapté à votre situation.
Qu'est-ce que le TAJ ?
Définition et finalité du fichier
Le TAJ, ou Traitement des Antécédents Judiciaires, est un fichier informatisé géré conjointement par la police et la gendarmerie nationales sous la responsabilité du ministère de l'Intérieur. Il a été créé par la loi LOPPSI II du 14 mars 2011 et le décret n°2012-652 du 4 mai 2012.
Selon l'article 230-6 du Code de procédure pénale, le TAJ a pour finalité :
De faciliter la constatation des infractions à la loi pénale
De rassembler les preuves de ces infractions
De rechercher leurs auteurs
Le TAJ contient des informations issues des rapports d'enquête et d'intervention des forces de l'ordre. C'est l'outil de référence des enquêteurs pour vérifier les antécédents d'une personne et établir des liens entre différentes affaires.
À retenir : Le TAJ n'est ni le casier judiciaire ni le FIJAIS. C'est un fichier de police indépendant qui peut contenir des informations sur des personnes jamais condamnées.
La fusion des anciens fichiers STIC et JUDEX
Avant 2012, deux fichiers parallèles existaient :
Le STIC (Système de Traitement des Infractions Constatées) géré par la police nationale
Le JUDEX (Système Judiciaire de Documentation et d'Exploitation) géré par la gendarmerie
Le décret du 4 mai 2012 a fusionné ces deux fichiers dans le TAJ, qui constitue aujourd'hui le seul fichier d'antécédents judiciaires des forces de l'ordre françaises. Cette unification facilite les recherches et le partage d'informations entre police et gendarmerie.
Le cadre légal du TAJ
Le TAJ est régi par :
Les articles 230-6 à 230-11 du Code de procédure pénale
Les articles R. 40-23 à R. 40-34 du même code
Plusieurs décrets et délibérations de la CNIL
La CNIL exerce un contrôle régulier sur le TAJ et a notamment rappelé à l'ordre le ministère de l'Intérieur en 2023 pour des manquements dans la mise à jour du fichier après des décisions de relaxe ou de non-lieu. Ces vérifications montrent que des erreurs ou des oublis subsistent fréquemment dans le TAJ et justifient une vigilance active des personnes concernées.
Qui est inscrit au TAJ ?

Les personnes mises en cause
L'article 230-7 du Code de procédure pénale prévoit que le TAJ peut contenir des informations sur toutes les personnes à l'encontre desquelles il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu'elles aient pu participer, comme auteurs ou complices, à la commission d'infractions.
Cette définition très large signifie qu'une personne peut être inscrite au TAJ :
À la suite d'une garde à vue, même sans poursuites
Après une audition libre menée par la police
Après un classement sans suite par le procureur
Après une relaxe ou un acquittement définitif
Après un non-lieu prononcé par un juge d'instruction
Après une condamnation avec dispense d'inscription au B2 du casier judiciaire
Après un simple rappel à la loi, même s'il n'apparaît pas au casier judiciaire
C'est l'une des particularités les plus surprenantes du TAJ : il survit à de nombreuses décisions favorables à la personne mise en cause.
Les victimes également fichées
Le TAJ recense également les victimes d'infractions pénales, à des fins d'enquête et de suivi des dossiers. Les victimes peuvent demander l'effacement de leurs données dans certaines conditions, mais cette inscription est généralement moins préjudiciable pour les recrutements.
Les infractions concernées
Selon l'article 230-6 CPP, le TAJ contient les informations recueillies au cours de procédures concernant :
Tout crime ou délit
Toute contravention de 5e classe portant atteinte à la sécurité, la tranquillité publique, aux personnes, aux biens ou à l'autorité de l'État
Toute procédure de recherche des causes de la mort ou de disparition
La quasi-totalité des infractions pénales peut donc donner lieu à une inscription au TAJ, à l'exception des contraventions des 1re à 4e classes.
Inscription possible même sans condamnation
C'est le point le plus important à comprendre. Vous pouvez figurer au TAJ :
Sans avoir jamais été condamné
Alors que vous avez été déclaré innocent
Alors qu'une amnistie ou une réhabilitation a effacé votre condamnation
Alors que votre casier judiciaire est totalement vierge
Attention : L'amnistie, la grâce, la réhabilitation ou la dispense d'inscription au B2 du casier judiciaire sont sans effet automatique sur l'inscription au TAJ. Une démarche spécifique d'effacement est nécessaire.
Qui peut consulter le TAJ ?
Les autorités judiciaires et de police
Le TAJ est principalement consulté dans le cadre des enquêtes judiciaires par :
Les policiers et gendarmes habilités exerçant des missions de police judiciaire
Les magistrats du parquet et du siège
Les agents des douanes judiciaires
Les services fiscaux habilités
Les magistrats référents TAJ
Cette consultation est légitime et utile aux enquêtes en cours pour identifier d'éventuels antécédents susceptibles d'éclairer une affaire.
Les enquêtes administratives, source de blocages
C'est là que le TAJ peut poser problème. L'article 230-8 CPP autorise sa consultation dans le cadre des enquêtes administratives menées avant :
L'embauche dans la fonction publique (police, gendarmerie, administration pénitentiaire, magistrature, douanes)
L'accès aux emplois de sécurité privée soumis à l'agrément du CNAPS
L'accès aux zones sensibles (centrales nucléaires, zones aéroportuaires, sites de défense)
La délivrance d'un badge aéroportuaire
Les emplois publics ou privés dans le domaine de la sécurité et de la défense
Les procédures de naturalisation
La délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour
L'adoption et le placement d'enfants
Cette consultation peut bloquer un recrutement même si la personne n'a jamais été condamnée. Pour les conditions de recrutement dans la fonction publique liées au casier judiciaire et aux antécédents, vous pouvez consulter notre article sur le casier judiciaire B1 B2 B3.
L'employeur privé classique n'a pas accès au TAJ
Comme pour le FIJAIS, un employeur privé classique ne peut pas consulter directement le TAJ. La consultation reste réservée aux autorités et aux administrations habilitées. Toutefois, pour certaines professions sensibles, l'employeur peut être indirectement informé du résultat d'une enquête administrative défavorable.
En pratique : Si vous postulez à un emploi de sécurité, à une carte professionnelle CNAPS, à un poste dans la police ou la gendarmerie, ou à toute fonction nécessitant un badge d'accès à des zones sensibles, votre dossier sera examiné via le TAJ.
Durée de conservation des données
Pour les personnes mises en cause majeures
L'article R. 40-27 du Code de procédure pénale fixe les durées de conservation :
20 ans pour la durée normale de conservation
5 ans pour les infractions les moins graves
40 ans pour les infractions les plus graves (criminalité organisée, terrorisme, atteintes graves aux personnes)
Pour les personnes mises en cause mineures
Les durées sont réduites pour les mineurs :
5 ans pour la durée normale de conservation
10 ans ou 20 ans par dérogation pour certaines infractions graves
Cette réduction reflète la volonté de favoriser la réinsertion des mineurs et de ne pas pénaliser durablement leur début de vie d'adulte.
Pour les victimes
Les données concernant les victimes sont conservées pendant 15 ans.
La fin de conservation ne signifie pas effacement automatique
Attention : Plusieurs études et contrôles de la CNIL ont montré que des données qui auraient dû être effacées à l'expiration du délai légal subsistent dans le TAJ en raison de défauts de mise à jour. Il est donc important de vérifier régulièrement le contenu de son TAJ et de demander un effacement même après l'expiration des délais.
Les conséquences concrètes d'une inscription au TAJ
Refus d'agrément CNAPS
Le Conseil National des Activités Privées de Sécurité (CNAPS) consulte systématiquement le TAJ avant la délivrance d'une carte professionnelle pour les métiers de la sécurité privée (agent de sécurité, agent de surveillance, garde du corps, convoyeur de fonds). Une mention au TAJ peut entraîner un refus, même sans condamnation.
Refus d'intégration dans la fonction publique
Pour les concours de la police nationale, de la gendarmerie, de l'administration pénitentiaire, des douanes, de la magistrature ou des greffes, le TAJ est systématiquement consulté. Les services responsables peuvent rejeter une candidature pour des faits anciens, même classés sans suite.
Refus de badge aéroportuaire
L'accès aux zones sécurisées des aéroports nécessite un badge délivré après enquête administrative. Le TAJ est consulté. Une mention récente peut bloquer définitivement l'accès aux métiers de l'aéroportuaire (manutention, sécurité, maintenance, navigant).
Refus de naturalisation
La préfecture consulte le TAJ dans le cadre de l'examen d'une demande de naturalisation française. Un dossier comportant des mises en cause non éclairées peut conduire à un refus, même si aucune condamnation n'a été prononcée.
Refus dans le secteur nucléaire et défense
Les emplois dans la filière nucléaire (exploitants et sous-traitants) et dans la défense nécessitent une enquête administrative annuelle au moyen du système ACCRed qui regroupe les données de neuf fichiers de sécurité, dont le TAJ. Toute mention peut bloquer l'accès.
À retenir : L'inscription au TAJ est invisible au quotidien, mais devient cruciale au moment d'un recrutement sensible ou d'une demande administrative spécifique.
Comment demander l'effacement du TAJ ?
Le droit d'accès à son fichier TAJ
Avant toute démarche d'effacement, vous pouvez exercer votre droit d'accès pour savoir si vous figurez au TAJ et quelles informations y sont enregistrées. La demande peut être adressée :
À la CNIL via son service en ligne dédié au TAJ
Au ministère de l'Intérieur directement
Au procureur de la République territorialement compétent
Vous pouvez ainsi connaître l'existence de la fiche, les infractions visées, les destinataires et les délais de conservation prévus.
Les conditions de recevabilité d'une demande d'effacement
L'article 230-8 du Code de procédure pénale prévoit que le procureur de la République peut, d'office ou à la demande de la personne concernée, effacer, rectifier ou compléter les données du TAJ. Les conditions de recevabilité varient selon la suite judiciaire donnée à l'affaire.
Cas 1, décision favorable définitive (relaxe, acquittement, non-lieu, classement sans suite, condamnation avec dispense de peine) :
La demande d'effacement est immédiatement recevable. C'est la situation la plus favorable.
Cas 2, toutes les autres situations :
La demande n'est recevable que lorsque le bulletin n°2 du casier judiciaire est vierge de toute mention pénale. Il faut donc d'abord obtenir l'effacement du B2 (par réhabilitation, par exclusion de mention, etc.) avant de pouvoir demander l'effacement du TAJ. C'est une procédure en deux étapes.
La procédure à suivre
La demande d'effacement obéit à des formes strictes prévues par l'article 230-8 et les articles R. 40-23 et suivants du Code de procédure pénale :
Demande par lettre recommandée avec accusé de réception, à peine d'irrecevabilité
Adressée au procureur de la République territorialement compétent, ou au magistrat référent mentionné à l'article 230-9 CPP
Motivée, avec exposé précis des raisons justifiant l'effacement
Accompagnée de toutes les pièces justificatives utiles
Le délai de réponse
Le procureur de la République dispose d'un délai de 2 mois à compter de la réception de la demande pour se prononcer. Sa décision est notifiée à l'intéressé par lettre recommandée. En cas de silence, la demande peut être considérée comme implicitement rejetée et un recours peut être engagé.
La solution alternative, la mention bloquante
Dans les cas de relaxe ou d'acquittement, le procureur peut, par exception, décider de maintenir les données dans le TAJ mais en ajoutant une mention empêchant leur consultation lors des enquêtes administratives. Les données ne pourront alors être utilisées que dans un cadre strictement judiciaire.
Cette mention bloquante est une alternative intéressante lorsque l'effacement total semble difficile à obtenir. Elle permet de débloquer un recrutement tout en conservant l'information dans le fichier pour des enquêtes futures éventuelles.
Pour plus de précisions officielles, la fiche de la CNIL sur le TAJ détaille les droits des personnes fichées et les procédures d'effacement.
Les recours en cas de refus
Recours devant le président de la chambre de l'instruction
Si le procureur de la République refuse l'effacement ou la rectification, vous pouvez former un recours devant le président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel territorialement compétente. Ce recours doit être motivé et accompagné de la décision contestée et des pièces utiles.
Le président rend une ordonnance dans un délai raisonnable. Son ordonnance peut elle-même faire l'objet d'un pourvoi en cassation dans certains cas.
Recours administratif et CNIL
Vous pouvez également saisir la CNIL pour signaler un dysfonctionnement (donnée non effacée alors qu'elle aurait dû l'être, absence de mise à jour après une relaxe, refus injustifié de communiquer les informations). La CNIL peut intervenir auprès du ministère pour rappeler les obligations légales.
Nouvelle demande après évolution de la situation
Un refus n'est pas définitif. Une nouvelle demande peut être déposée plus tard si la situation évolue favorablement, par exemple en cas de :
Effacement ultérieur du bulletin n°2 du casier judiciaire
Écoulement d'un délai significatif depuis les faits
Production de preuves de réinsertion durables
Décision favorable dans une procédure parallèle
Le rôle de l'avocat
Analyser la recevabilité de la demande
L'avocat évalue d'abord si la demande d'effacement est recevable en l'état ou si une procédure préalable est nécessaire (par exemple, obtenir d'abord l'effacement du B2 du casier judiciaire). Cette analyse évite des démarches inutiles et permet de structurer la stratégie sur la durée.
Rédiger une requête motivée
Une requête d'effacement du TAJ doit être argumentée juridiquement et factuellement. L'avocat :
Identifie la disposition légale applicable
Met en avant les éléments de fait justifiant l'effacement
Cite la jurisprudence pertinente de la chambre de l'instruction
Rassemble les pièces justificatives de réinsertion
Anticipe les objections que pourra opposer le parquet
Une requête mal préparée est presque systématiquement rejetée. L'investissement dans une rédaction soignée est essentiel pour maximiser les chances.
Plaider les recours en cas de refus
En cas de refus, l'avocat porte le dossier devant le président de la chambre de l'instruction, prépare un mémoire complet et plaide la cause de son client. Cette étape est cruciale car elle conditionne la décision finale.
Coordonner avec les autres procédures
L'effacement du TAJ est souvent lié à d'autres démarches : effacement du casier judiciaire, demandes de radiation du FIJAIS, recours administratif contre un refus de carte CNAPS. L'avocat coordonne l'ensemble pour optimiser la stratégie.
Le Cabinet Shalabi intervient régulièrement en matière d'effacement du TAJ et accompagne les personnes confrontées à un blocage administratif lié à ce fichier.
À retenir sur le TAJ
Le TAJ est le fichier d'antécédents judiciaires de la police et de la gendarmerie
Il a été créé en 2011 et fusionne les anciens fichiers STIC et JUDEX
Il est régi par les articles 230-6 à 230-11 du Code de procédure pénale
L'inscription est possible même sans condamnation pénale
Le TAJ est consulté lors des enquêtes administratives sensibles
Une mention au TAJ peut bloquer un recrutement ou une naturalisation
La conservation va de 5 à 40 ans selon les profils et les infractions
L'effacement se demande au procureur par lettre recommandée AR
Le délai de réponse est de 2 mois
Une mention bloquante peut être obtenue à défaut d'effacement total
L'avocat est essentiel pour préparer une requête recevable
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis juridique adapté à votre situation.
Questions fréquentes sur le TAJ

Comment savoir si je suis inscrit au TAJ ?
Vous pouvez exercer votre droit d'accès en adressant une demande à la CNIL via son service en ligne dédié, au ministère de l'Intérieur, ou au procureur de la République. Vous recevrez alors la liste des informations vous concernant figurant dans le fichier.
L'amnistie ou la réhabilitation effacent-elles automatiquement le TAJ ?
Non. L'amnistie, la grâce, la réhabilitation ou la dispense d'inscription au B2 du casier judiciaire n'effacent pas automatiquement les données du TAJ. Une demande spécifique d'effacement doit être adressée au procureur de la République.
Combien de temps reste-t-on dans le TAJ ?
La durée de conservation est de 20 ans en moyenne pour les majeurs mis en cause, mais elle peut varier de 5 à 40 ans selon la nature de l'infraction. Pour les mineurs, la durée normale est de 5 ans avec des dérogations possibles. Pour les victimes, elle est de 15 ans.
Un classement sans suite reste-t-il au TAJ ?
Oui. Le classement sans suite n'entraîne pas l'effacement automatique. Les données restent dans le TAJ mais font l'objet d'une mention indiquant le classement. Cette mention peut être consultée par les enquêteurs et bloquer une enquête administrative.
Le TAJ est-il visible sur mon casier judiciaire ?
Non. Le TAJ et le casier judiciaire sont deux fichiers totalement distincts. Une personne peut avoir un casier vierge et figurer au TAJ. Pour comprendre le casier judiciaire, consultez notre article dédié.
Mon employeur peut-il consulter le TAJ ?
Un employeur privé classique ne peut pas consulter directement le TAJ. Toutefois, pour certaines professions sensibles (sécurité privée, fonction publique, accès à des zones protégées), une enquête administrative est menée par les services compétents qui consultent le TAJ et transmettent un avis à l'employeur.
Combien coûte une demande d'effacement du TAJ ?
La demande d'effacement adressée au procureur est gratuite. Les frais éventuels sont liés à l'accompagnement par un avocat. Sans avocat, la procédure peut sembler accessible mais les taux de rejet sont élevés en cas de requête mal motivée.
Peut-on demander l'effacement du TAJ pour un mineur ?
Oui. Une demande peut être présentée pour un mineur via ses représentants légaux. Les durées de conservation étant déjà réduites pour les mineurs (5 ans en principe), une demande anticipée peut accélérer la sortie du fichier en cas de mise en cause sans suite.
Combien de temps prend une procédure d'effacement du TAJ ?
Le délai légal de réponse du procureur est de 2 mois à compter de la réception de la demande. En pratique, la procédure complète prend généralement entre 4 et 6 mois, et peut être plus longue en cas de recours devant la chambre de l'instruction.
Que faire si le procureur n'a jamais répondu à ma demande ?
Le silence du procureur pendant plus de 2 mois équivaut à un rejet implicite. Vous pouvez alors saisir le président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel pour contester ce refus implicite et obtenir une décision motivée.
Pour toute question sur votre inscription au TAJ ou pour engager une procédure d'effacement, prenez rendez-vous avec un avocat pénaliste pour une analyse personnalisée de votre situation, au 01 85 61 17 00.
Questions fréquentes
Comment savoir si je suis fiché au TAJ ?
Le droit d'accès s'exerce auprès de la CNIL, du ministère de l'Intérieur ou du procureur de la République. La réponse indique les infractions enregistrées, la qualité retenue, mise en cause ou victime, et les durées de conservation applicables. Cette vérification précède utilement toute demande d'effacement, puisqu'elle détermine ce que la requête devra viser.
Un classement sans suite efface-t-il automatiquement le TAJ ?
Non. Les données sont conservées, assorties d'une mention indiquant la suite donnée à la procédure. Le classement sans suite ouvre en revanche droit à une demande d'effacement immédiatement recevable auprès du procureur de la République, sur le fondement de l'article 230-8 du Code de procédure pénale. Sans démarche de votre part, la fiche demeure consultable lors des enquêtes administratives.
Combien de temps reste-t-on inscrit au TAJ ?
La durée de droit commun est de vingt ans pour une personne majeure mise en cause. Elle descend à cinq ans pour les infractions les moins graves et monte à quarante ans pour les plus graves. Pour les mineurs, la durée de principe est de cinq ans. Les données relatives aux victimes sont conservées quinze ans.
Mon employeur peut-il consulter le TAJ ?
Un employeur privé n'a pas accès au fichier. En revanche, pour les emplois de sécurité privée soumis au CNAPS, la fonction publique, l'accès aux zones aéroportuaires ou aux sites sensibles, une enquête administrative est diligentée par les services habilités : ceux-ci consultent le TAJ et transmettent un avis, favorable ou défavorable, sans en détailler le contenu.
Que faire si le procureur refuse ou ne répond pas ?
Le silence gardé plus de deux mois équivaut à un rejet. Le refus, exprès ou implicite, se conteste devant le président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel compétente, par un recours motivé accompagné des pièces utiles. Un rejet n'est jamais définitif : une nouvelle demande reste possible si la situation évolue, notamment après effacement du bulletin n° 2.
L'amnistie ou la réhabilitation effacent-elles le TAJ ?
Non, aucune de ces mesures n'emporte d'effet automatique sur le fichier. L'amnistie, la grâce, la réhabilitation et la dispense d'inscription au bulletin n° 2 du casier judiciaire concernent le casier, non le traitement d'antécédents judiciaires. Une demande distincte doit être adressée au procureur de la République pour obtenir l'effacement ou une mention bloquante.