Garde à vue à Créteil : droits, délais et défense pénale
Catégorie : Droit pénal
Par Maître Shalabi — publié le
À Créteil, la garde à vue obéit à un formalisme strict : droits du gardé à vue, délais, rôle de l'avocat et jurisprudence sur la notification immédiate.
L'essentiel
- La garde à vue dure en principe vingt-quatre heures, renouvelable une fois sur autorisation écrite du procureur de la République pour les infractions punies d'au moins un an d'emprisonnement.
- Tout retard non justifié par une circonstance insurmontable entre l'interpellation et la notification des droits peut entraîner l'annulation des actes de procédure qui en découlent (Cass. crim., 6 décembre 2000, n° 00-86.221).
- Dès le placement, la personne gardée à vue a le droit de garder le silence, d'être examinée par un médecin, de faire prévenir un proche et d'être assistée par un avocat choisi ou commis d'office.
- L'avocat peut s'entretenir confidentiellement avec son client dès le début de la mesure et accéder au procès-verbal de notification, au certificat médical et aux auditions déjà réalisées.
- Les personnes gardées à vue dans le ressort de Créteil sont déférées au tribunal judiciaire de Créteil à l'issue de la mesure, pour présentation au procureur de la République.
La garde à vue décidée par un officier de police judiciaire du ressort du tribunal judiciaire de Créteil obéit à un formalisme strict, dont le respect conditionne la validité de tout ce qui en découle : audition, perquisition, confrontation, et finalement poursuite devant les juridictions de droit pénal. Beaucoup de nullités se jouent dans les toutes premières minutes de la mesure, avant même l'arrivée de l'avocat.
Le placement en garde à vue dans le ressort du tribunal judiciaire de Créteil
La garde à vue, régie par les articles 62-2 et suivants du code de procédure pénale, ne peut être décidée que s'il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner que la personne a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d'une peine d'emprisonnement, et qu'elle poursuit l'un des objectifs limitativement énumérés par la loi. Les services d'enquête du ressort de Créteil, qu'il s'agisse de la sûreté territoriale ou des commissariats du Val-de-Marne, défèrent les personnes gardées à vue au tribunal judiciaire de Créteil à l'issue de la mesure, pour présentation au procureur de la République.
La mesure dure en principe vingt-quatre heures, renouvelable une fois sur autorisation écrite et motivée du procureur de la République pour les infractions punies d'au moins un an d'emprisonnement. Des régimes dérogatoires, plus longs, existent en matière de criminalité organisée et de terrorisme.
Le point de départ de la garde à vue, et le risque de la rétention hors cadre légal
Un principe constant commande tout le contentieux des nullités de garde à vue : dès l'instant où une personne est, sous la contrainte, tenue à la disposition d'un officier de police judiciaire, elle doit être immédiatement placée en garde à vue et recevoir notification des droits attachés à cette mesure. La chambre criminelle de la Cour de cassation a cassé une décision qui validait un placement tardif, en jugeant que « tout retard dans la mise en œuvre de cette obligation, non justifié par des circonstances insurmontables, porte nécessairement atteinte aux intérêts de la personne concernée » (Cass. crim., 6 décembre 2000, pourvoi n° 00-86.221, publié au Bulletin criminel, cassation). Dans cette affaire, une personne interpellée et menottée à son domicile n'avait été notifiée de son placement en garde à vue qu'une heure et demie plus tard : ce délai, sans justification tirée d'une circonstance insurmontable, a suffi à annuler la procédure. Tout retard constaté entre l'interpellation effective et la notification des droits, au dépôt de Créteil comme ailleurs, mérite d'être examiné à cette aune.
Les droits du gardé à vue : silence, examen médical, avis à un proche, entretien avec l'avocat
Dès le placement, la personne doit être informée de la qualification, de la date et du lieu présumés de l'infraction, de son droit de faire prévenir un proche et son employeur, de son droit d'être examinée par un médecin, de son droit de garder le silence, et de son droit d'être assistée par un avocat choisi ou commis d'office. Ce dernier peut s'entretenir confidentiellement avec elle dès le début de la mesure, puis, selon les cas, assister à ses auditions. Les diligences accomplies pour aviser l'avocat et le délai qui s'est écoulé avant son arrivée doivent apparaître clairement au procès-verbal : c'est sur ces mentions, et sur leur absence, que se construit souvent la discussion.
Le droit à un interprète, lorsque la personne ne comprend pas le français, est garanti par l'article 63-1 du code de procédure pénale au même titre que les autres droits notifiés dès le placement : il s'exerce sans délai, y compris pour la notification elle-même, et son absence constatée au procès-verbal appelle la même vigilance que celle portée au retard de notification.
L'avocat dispose en outre, dès son arrivée, d'un accès limité mais réel au dossier : le procès-verbal de notification du placement et des droits, le certificat médical établi le cas échéant, et les procès-verbaux des auditions déjà réalisées. Cet accès, prévu par l'article 63-4-1 du code de procédure pénale, permet de préparer utilement l'entretien confidentiel et, le cas échéant, l'assistance aux auditions à venir.
En matière criminelle, l'audition de la personne gardée à vue fait l'objet d'un enregistrement audiovisuel, conformément à l'article 64-1 du code de procédure pénale. Cet enregistrement, conservé pendant un délai déterminé, constitue un moyen de vérification précieux lorsque le contenu du procès-verbal est contesté : l'avocat peut en solliciter la consultation, et son absence injustifiée, lorsque la loi l'impose, s'examine au même titre que les autres irrégularités affectant la mesure.
Les diligences de l'avocat au commissariat et au dépôt de Créteil
Dès qu'il est avisé, l'avocat se déplace pour s'entretenir avec son client, vérifie l'heure exacte de l'interpellation telle qu'elle résulte des pièces de procédure, la confronte à l'heure de notification des droits, et relève toute mention imprécise ou contradictoire. Si une présentation devant le procureur de la République en vue d'une comparution immédiate suit la garde à vue, ces éléments sont immédiatement mobilisables à l'audience. Lorsque la garde à vue s'accompagne d'une perquisition au domicile ou sur le lieu de travail, l'avocat vérifie également que les conditions propres à cette mesure, consentement éventuel, horaires, présence d'un officier de police judiciaire, ont été respectées.
Les suites de la garde à vue : classement, convocation ou défèrement
À l'issue de la mesure, trois voies s'ouvrent au procureur de la République. Il peut classer la procédure sans suite, faute d'éléments suffisants ou par choix d'opportunité ; il peut convoquer la personne à une audience ultérieure, devant le tribunal correctionnel ou dans le cadre d'une mesure alternative aux poursuites, auquel cas elle recouvre immédiatement sa liberté ; il peut enfin décider d'un défèrement immédiat, en vue d'une comparution immédiate, d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, ou d'une ouverture d'information devant un juge d'instruction lorsque la gravité ou la complexité des faits l'exige. Le choix entre ces voies dépend de la nature des faits, du quantum encouru et, en pratique, du nombre de dossiers déjà appelés à l'audience du jour au tribunal judiciaire de Créteil. L'avocat présent ou avisé en temps utile peut faire valoir, avant toute décision du parquet, les éléments de personnalité ou de procédure de nature à orienter ce choix.
Les questions fréquentes sur la garde à vue à Créteil
Combien de temps peut durer une garde à vue au commissariat avant présentation à Créteil ?
Vingt-quatre heures en principe, renouvelables une fois sur autorisation écrite et motivée du procureur de la République pour les infractions punies d'au moins un an d'emprisonnement, soit quarante-huit heures au total dans le cas général ; des régimes dérogatoires, plus longs, existent en matière de criminalité organisée et de terrorisme.
Peut-on refuser de répondre aux questions pendant la garde à vue ?
Oui. Le droit de garder le silence doit être notifié dès le placement en garde à vue et peut être exercé à tout moment de la mesure, y compris après une première déclaration ; aucune pression ne peut être exercée pour contraindre la personne gardée à vue à s'exprimer, et ce choix ne peut jamais, par lui-même, être retenu contre elle.
Que se passe-t-il si les droits ne sont pas notifiés immédiatement ?
Un retard non justifié par une circonstance insurmontable porte nécessairement atteinte aux intérêts de la personne et peut entraîner l'annulation des actes de procédure qui en découlent, selon la jurisprudence constante de la chambre criminelle (Cass. crim., 6 décembre 2000, n° 00-86.221). Chaque minute écoulée entre l'interpellation et la notification mérite d'être vérifiée au dépôt de Créteil.
La famille peut-elle être informée du placement en garde à vue ?
Oui, la personne gardée à vue a le droit de faire prévenir un proche et son employeur dès le début de la mesure, sauf report exceptionnel décidé par le procureur de la République ou le juge d'instruction pour des raisons tenant aux nécessités de l'enquête ou à la gravité des faits reprochés.
Mon avocat peut-il assister à toutes mes auditions au commissariat de Créteil ?
Le principe est l'assistance de l'avocat à l'ensemble des auditions, sous réserve des reports exceptionnels que la loi autorise dans certaines matières ; en toute hypothèse, l'avocat peut s'entretenir confidentiellement avec son client dès le début de la mesure et consulter certaines pièces de la procédure avant chaque audition.
Le coût de l'intervention et la convention d'honoraires
L'assistance pendant la garde à vue et la présentation au parquet font l'objet d'une convention d'honoraires conforme à la réglementation du barreau de Paris. Aucun montant n'est fixé par avance de manière uniforme : il dépend de la nature de l'affaire et du nombre d'interventions nécessaires. Pour organiser une défense sans délai, contactez le cabinet dès l'interpellation connue.
Le ressort du tribunal judiciaire de Créteil
Le tribunal judiciaire de Créteil couvre l'ensemble du département du Val-de-Marne, et les personnes placées en garde à vue par les commissariats et la sûreté territoriale de ce ressort lui sont déférées à l'issue de la mesure. Le cabinet intervient devant cette juridiction comme devant l'ensemble des juridictions pénales françaises, en se déplaçant chaque fois que le dossier l'exige, y compris pour un entretien au dépôt dans les plus brefs délais.
Questions fréquentes
Combien de temps peut durer une garde à vue au commissariat avant présentation à Créteil ?
Vingt-quatre heures en principe, renouvelables une fois sur autorisation écrite et motivée du procureur de la République pour les infractions punies d'au moins un an d'emprisonnement, soit quarante-huit heures au total dans le cas général ; des régimes dérogatoires, plus longs, existent en matière de criminalité organisée et de terrorisme.
Peut-on refuser de répondre aux questions pendant la garde à vue ?
Oui. Le droit de garder le silence doit être notifié dès le placement en garde à vue et peut être exercé à tout moment de la mesure, y compris après une première déclaration ; aucune pression ne peut être exercée pour contraindre la personne gardée à vue à s'exprimer, et ce choix ne peut jamais, par lui-même, être retenu contre elle.
Que se passe-t-il si les droits ne sont pas notifiés immédiatement ?
Un retard non justifié par une circonstance insurmontable porte nécessairement atteinte aux intérêts de la personne et peut entraîner l'annulation des actes de procédure qui en découlent, selon la jurisprudence constante de la chambre criminelle (Cass. crim., 6 décembre 2000, n° 00-86.221). Chaque minute écoulée entre l'interpellation et la notification mérite d'être vérifiée au dépôt de Créteil.
La famille peut-elle être informée du placement en garde à vue ?
Oui, la personne gardée à vue a le droit de faire prévenir un proche et son employeur dès le début de la mesure, sauf report exceptionnel décidé par le procureur de la République ou le juge d'instruction pour des raisons tenant aux nécessités de l'enquête ou à la gravité des faits reprochés.
Mon avocat peut-il assister à toutes mes auditions au commissariat de Créteil ?
Le principe est l'assistance de l'avocat à l'ensemble des auditions, sous réserve des reports exceptionnels que la loi autorise dans certaines matières ; en toute hypothèse, l'avocat peut s'entretenir confidentiellement avec son client dès le début de la mesure et consulter certaines pièces de la procédure avant chaque audition.