Convocation au tribunal de police : délai, citation et marche à suivre

Catégorie : Droit routier

Par Maître Shalabi — publié le

Convocation au tribunal de police : origine de la citation, délai de comparution, pièces à réunir et conduite à tenir avant l'audience d'une contravention routière.

Convocation remise à un automobiliste avant son audience au tribunal de police

L'essentiel

  • Le tribunal de police juge les contraventions, y compris celles de la route, et il peut être saisi par une citation délivrée par commissaire de justice, par une convocation émanant de l'officier du ministère public après une contestation d'amende, ou par comparution volontaire.
  • Depuis le 23 octobre 2026, la loi du 23 juillet 2026 impose un délai d'au moins quinze jours entre la citation et l'audience, ce qui laisse le temps de réunir les pièces et de choisir un avocat.
  • Une convocation se lit sur trois points : la juridiction et la date d'audience, la nature exacte de la contravention poursuivie, et la mention éventuelle d'une comparution personnelle.
  • Ne pas répondre à une convocation n'arrête pas la procédure : le tribunal peut statuer en l'absence du prévenu, et le jugement produit alors ses effets sur l'amende comme sur les points.

Recevoir une convocation au tribunal de police pour une contravention routière suscite d'ordinaire plus d'inquiétude que la juridiction ne le justifie, mais l'acte mérite une lecture attentive, car il fixe le cadre dans lequel la défense va devoir s'organiser. Le tribunal de police juge les contraventions, c'est-à-dire les infractions les moins graves de l'échelle pénale, parmi lesquelles figurent bon nombre de manquements au Code de la route. Il n'en tire pas moins des conséquences concrètes : une amende, un retrait de points et, pour certaines contraventions, une peine complémentaire pouvant toucher le permis de conduire.

D'où vient la convocation au tribunal de police ?

Le tribunal de police n'est pas saisi par hasard. Trois voies conduisent le plus souvent un automobiliste devant lui. La première est la citation, acte délivré par un commissaire de justice à la demande du ministère public, qui informe le prévenu des faits reprochés, de leur qualification et de la date d'audience. La deuxième résulte de la contestation d'une amende forfaitaire : lorsque la requête en exonération est rejetée ou qu'elle n'est pas jugée recevable, l'officier du ministère public peut décider de porter l'affaire devant la juridiction de jugement, qui convoque alors le contrevenant. La troisième est la comparution volontaire, par laquelle le prévenu accepte de se présenter sans acte préalable.

Cette distinction n'est pas académique. Selon l'origine de la convocation au tribunal de police, la défense ne porte pas sur les mêmes points : lorsque la saisine résulte d'une contestation d'amende, la question de la régularité de la requête et de la décision du ministère public précède celle du fond, tandis qu'une citation délivrée directement oblige à vérifier d'abord la validité de l'acte lui-même. Le lecteur qui a déjà contesté un avis de contravention gagnera à relire l'article consacré à la contestation d'une amende radar, puis celui qui traite de l'amende forfaitaire majorée, afin de mesurer ce qui a déjà été accompli avant l'audience.

Le délai de citation devant le tribunal de police

Le Code de procédure pénale encadre l'intervalle qui sépare la remise de la citation de la date de l'audience. L'article 552 prévoit que ce délai est de quinze jours au moins entre la citation et la comparution, depuis que la loi n° 2026-651 du 23 juillet 2026 l'a modifié, la nouvelle règle étant applicable à compter du 23 octobre 2026. Ce délai répond à une exigence simple : le prévenu doit disposer d'un temps utile pour demander la copie de la procédure, rassembler ses justificatifs et, s'il le souhaite, choisir un conseil.

La vérification sur l'acte

Il convient de relever la date à laquelle la citation a été remise, la manière dont elle l'a été, et de la rapprocher de la date d'audience. Une citation délivrée trop tard, ou à une adresse qui n'est plus celle du prévenu, ouvre des discussions de régularité qui se soulèvent avant toute défense au fond. La défense dira loyalement la limite de ce moyen : une irrégularité de la citation ne profite pas indéfiniment au prévenu qui comparaît et qui ne l'invoque pas avant toute défense au fond, et le ministère public peut, le cas échéant, faire délivrer une nouvelle citation. Le moyen gagne donc à être soulevé à temps, et il ne remplace jamais l'examen de la preuve.

Comment lire la citation, point par point

Une citation bien rédigée précise la juridiction saisie, le jour et l'heure de l'audience, l'identité du prévenu, les faits poursuivis avec le texte qui les définit et celui qui les réprime. Chacun de ces éléments sert la défense. La juridiction d'abord, car le tribunal de police compétent se détermine d'après le lieu de l'infraction, ce qui n'est pas nécessairement la ville du domicile. La date ensuite, qui commande le calendrier de préparation. La qualification enfin, qui conditionne les peines encourues et qui permet d'identifier si l'on se trouve devant une contravention des quatre premières classes, de la cinquième classe, ou devant une infraction que la loi traite autrement.

La citation indique parfois que la présence personnelle du prévenu est exigée. La mention compte, parce que la possibilité de se faire représenter par un avocat, ouverte par les dispositions des articles 544 et 410 et suivants du Code de procédure pénale, cède devant une décision du tribunal ordonnant la comparution personnelle. Dans le doute, la lecture de l'acte et un échange avec un conseil évitent de commettre l'erreur la plus fréquente, qui consiste à ne pas se présenter en croyant qu'un simple courrier suffira.

Les pièces à réunir avant l'audience

Le dossier se constitue sans attendre. Il comprend l'avis de contravention ou le procès-verbal, la requête en contestation si elle a été déposée, la décision du ministère public qui a suivi, et tout document propre à éclairer les faits : photographies des lieux, relevé de signalisation, attestations, justificatifs de l'usage du véhicule, éléments relatifs à l'appareil de mesure lorsque la contravention repose sur un contrôle instrumental. Pour une contravention de vitesse, la question du carnet métrologique et de la vérification périodique de l'appareil mérite d'être posée très tôt, car l'obtention de ces documents suppose des démarches qui prennent du temps.

La preuve contraire d'un procès-verbal relève de règles spécifiques. L'article 537 du Code de procédure pénale dispose que les procès-verbaux dressés en matière de contraventions font foi jusqu'à preuve contraire, et que cette preuve contraire ne peut être rapportée que par écrit ou par témoins. La chambre criminelle de la Cour de cassation a précisé, par un arrêt publié du 28 mars 2017 (n° 16-83.659), que la preuve contraire peut résulter d'un seul témoignage, le caractère probant de la déclaration de chaque témoin cité, fût-il unique, relevant de l'appréciation souveraine des juges du fond. Il faut pourtant se garder de lire cette solution comme un blanc-seing : la même chambre juge de longue date que le juge n'est pas tenu d'écarter les constatations du procès-verbal sur la seule dénégation du prévenu, la simple contestation sans preuve ne suffisant pas (Crim., 19 novembre 1997, n° 97-80.435, inédit). La conséquence pratique est nette : les témoins et les écrits doivent être identifiés avant l'audience, non improvisés à la barre.

Faut-il se présenter, se faire représenter, ou ne pas comparaître ?

Le prévenu régulièrement cité peut comparaître en personne, assisté de son avocat, ou se faire représenter dans les conditions que la loi prévoit. Le choix dépend de la contravention, de l'enjeu pour le permis et de la nécessité éventuelle d'une explication personnelle. Lorsque les faits sont constants et que seule la peine est discutée, la présence du prévenu peut servir l'individualisation de la sanction. Lorsque la défense repose sur un point de droit ou sur la preuve, la plaidoirie de l'avocat suffit souvent, et la comparution personnelle perd de son utilité.

Le choix de ne pas comparaître du tout expose à un jugement rendu en l'absence du prévenu. Il en résulte une condamnation sans débat sur les éléments de preuve ni sur la peine, avec les conséquences habituelles sur le solde de points. La procédure ne s'arrête pas parce que l'on a laissé la convocation sans réponse. Le mieux est donc de lire l'acte dès sa réception, de noter la date d'audience dans un agenda, et de se rapprocher sans attendre d'un avocat devant le tribunal de police afin que la procédure soit consultée à temps.

Les moyens qui s'examinent dès la réception de l'acte

Plusieurs contrôles se font avant même d'envisager le fond. La régularité de la citation d'abord : identité exacte, adresse, délai, mention de la juridiction. La prescription ensuite, qui, en matière contraventionnelle, obéit à un délai propre que la défense vérifie en tenant compte des actes qui l'ont interrompue. La qualification enfin : un fait poursuivi sous une qualification inexacte, ou un texte abrogé, appelle une discussion que le juge doit trancher. Chaque moyen a sa limite, et la défense la dit. Une nullité de forme se couvre si elle n'est pas soulevée avant toute défense au fond, une prescription suppose un calcul précis des causes d'interruption, et une requalification peut se retourner contre le prévenu si elle conduit à une infraction plus sévèrement réprimée.

Lorsque la poursuite appartient à une gamme plus grave que la contravention simple, par exemple parce que les faits relèvent en réalité d'une infraction routière plus lourde, la juridiction compétente change. L'article consacré à l'infraction routière grave permet de comprendre à partir de quel seuil le tribunal correctionnel prend le relais du tribunal de police.

Après la convocation : l'audience, puis le jugement

La convocation n'est que la première étape. L'audience se tient en présence du ministère public, qui requiert, et du prévenu ou de son avocat, qui s'expliquent ; le tribunal rend ensuite son jugement, le plus souvent sur le siège ou après un délibéré. Ce jugement peut faire l'objet de voies de recours dont les délais sont brefs. Les développements correspondants figurent dans les articles consacrés au déroulement de l'audience et au jugement, ainsi que sur la page de service dédiée à la défense devant cette juridiction.

Pour toute question sur un dossier en cours, il est possible de prendre contact avec le cabinet, qui exerce en droit routier et examine chaque convocation à la lumière des pièces qui la fondent, la solidité de la preuve et la rigueur de la procédure déterminant seules la conduite de la défense.

Questions fréquentes

Que faire quand on reçoit une convocation au tribunal de police ?

Il faut relever la date, la juridiction et la contravention visée, puis réunir le dossier : avis de contravention, procès-verbal, éventuelle requête en contestation et justificatifs. Un avocat peut consulter la procédure, préparer les moyens et vous représenter à l'audience dans les conditions prévues par le Code de procédure pénale.

Quel est le délai entre la citation et l'audience devant le tribunal de police ?

Depuis le 23 octobre 2026, la loi du 23 juillet 2026 a porté à quinze jours au moins le délai de citation de l'article 552 du Code de procédure pénale. Ce délai vise à garantir au prévenu un temps réel de préparation de sa défense. Il se vérifie sur l'acte, à partir de la date de remise.

Peut-on ne pas aller au tribunal de police ?

Le prévenu régulièrement cité qui ne comparaît pas s'expose à un jugement rendu en son absence. Selon les cas, il peut être représenté par son avocat. Une absence injustifiée prive en pratique de la possibilité d'expliquer les faits, de produire des pièces et de discuter la peine, notamment les points et le permis.

Une convocation au tribunal de police est-elle un délit ?

Non. Le tribunal de police juge des contraventions, qui ne sont pas des délits. Elles peuvent néanmoins entraîner une amende, un retrait de points et, pour les plus graves, des peines complémentaires comme la suspension du permis de conduire. La qualification poursuivie figure dans la citation.

Sources