Commission médicale permis : procédure et recours

Catégorie : Droit routier

Par Maître Ibrahim Shalabi — publié le

La commission médicale du permis évalue l'aptitude à la conduite après suspension ou pour raisons de santé. Procédure, examens et voies de recours expliqués.

Commission médicale permis : procédure et recours

Vous avez été condamné pour conduite sous alcool ou stupéfiants et votre arrêté de suspension vous impose de passer devant la commission médicale avant de récupérer votre permis ? Vous arrivez à un âge où vous craignez un contrôle médical obligatoire ? Vous avez une pathologie cardiaque, neurologique ou visuelle et vous vous demandez si vous pouvez conserver le droit de conduire ?

La commission médicale du permis de conduire est une étape obligatoire pour de nombreux conducteurs. Encadrée par les articles R226-1 à R226-4 du Code de la route et par l'arrêté du 28 mars 2022 qui fixe la liste des affections médicales incompatibles avec la conduite, elle évalue votre aptitude médicale à conduire et peut conditionner la délivrance, le renouvellement ou la restitution de votre permis.

Mal préparée, la visite médicale peut conduire à une inaptitude définitive ou temporaire, particulièrement préjudiciable pour ceux dont l'emploi dépend du permis. À l'inverse, bien préparée, elle permet d'obtenir une aptitude pleine ou avec restrictions raisonnables. Cet article fait le point complet sur la procédure, les examens obligatoires, les avis possibles et les voies de recours.

Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis juridique adapté à votre situation.


Qu'est-ce que la commission médicale du permis ?

Définition et finalité

La commission médicale du permis de conduire est l'organe consultatif chargé d'évaluer l'aptitude médicale d'un conducteur à conduire un véhicule à moteur. Elle est instituée auprès de chaque préfecture par arrêté préfectoral.

Sa mission est de vérifier que l'état physique, cognitif et sensoriel du conducteur est compatible avec la conduite, en référence à la liste des affections médicales établie par l'arrêté du 28 mars 2022. L'avis émis par la commission est transmis au préfet, qui prend la décision finale d'aptitude ou d'inaptitude.

À retenir : La commission médicale n'est pas une instance juridictionnelle, mais un avis médical déterminant pour la décision préfectorale. Son rôle est strictement médical, mais ses conséquences sont juridiques et pratiques majeures.

Le cadre légal

La commission médicale est régie par plusieurs textes :

  • Les articles R221-10 à R221-19 du Code de la route : catégories soumises à avis médical et périodicité

  • Les articles R226-1 à R226-4 du Code de la route : organisation des médecins agréés

  • L'article R224-22 du Code de la route : commission médicale

  • L'arrêté du 31 juillet 2012 : organisation du contrôle médical

  • L'arrêté du 28 mars 2022 : refonte de la liste des affections médicales

  • Le décret du 24 août 2022 : modalités d'aptitude temporaire pour les seniors

  • L'arrêté du 24 avril 2026 : portail d'aptitude à la conduite (en cours de déploiement)

Ces textes harmonisent les pratiques sur l'ensemble du territoire français.

La composition de la commission

La commission médicale est composée de deux médecins agréés par le préfet pour une durée de 5 ans renouvelable. Ces médecins :

  • Ont suivi une formation initiale spécifique

  • Suivent une formation continue lors du renouvellement de leur agrément

  • Ne peuvent pas être votre médecin traitant (article R226-2 CR)

  • Émettent un avis collégial sur l'aptitude

La commission siège dans les locaux de la préfecture ou de la sous-préfecture, généralement lors de plages horaires dédiées.


Quand passer une visite médicale obligatoire ?

Après une suspension du permis

C'est le cas le plus fréquent. Une visite médicale obligatoire est imposée après :

  • Une suspension pour conduite sous alcool (article L234-1 CR)

  • Une suspension pour conduite après usage de stupéfiants (article L235-1 CR)

  • Une suspension pour refus de vérification (articles L234-8 et L235-3 CR)

  • Une invalidation du permis pour solde de points nul (article L223-5 CR)

  • Une annulation judiciaire du permis

Sans avis médical favorable, le permis ne peut pas être restitué ou repassé. Pour comprendre l'invalidation du permis, consultez notre article sur la lettre 48 SI.

Pour les permis professionnels

Les conducteurs titulaires d'un permis professionnel doivent passer une visite médicale périodique. Sont concernés :

  • Les chauffeurs de taxi

  • Les conducteurs VTC (voiture de transport avec chauffeur)

  • Les moniteurs d'auto-école

  • Les ambulanciers

  • Les conducteurs de transport en commun (bus, autocar)

  • Les chauffeurs poids lourds (groupe 2)

Pour ces catégories, la visite est obligatoire :

  • Tous les 5 ans avant 60 ans

  • Tous les 2 ans entre 60 et 76 ans

  • Tous les ans après 76 ans

Pour problèmes de santé

L'arrêté du 28 mars 2022 liste les affections médicales incompatibles ou compatibles sous conditions avec la conduite. Sont notamment concernées :

  • Les affections cardiovasculaires (infarctus, arythmies, pacemaker)

  • Les affections neurologiques (épilepsie, AVC, sclérose en plaques)

  • Les troubles visuels (acuité, champ visuel, glaucome avancé)

  • Les affections psychiatriques (psychoses, dépressions sévères)

  • Le diabète insulino-dépendant

  • Les apnées du sommeil

  • L'alcoolisme et toxicomanie

  • Les pathologies métaboliques importantes

  • Les handicaps moteurs

Le conducteur doit déclarer spontanément ces affections et solliciter un avis médical.

Sur signalement

Le préfet peut imposer une visite médicale après signalement :

  • Par les forces de l'ordre (comportement anormal au volant)

  • Par un médecin (article 226-13 CSP, hors secret médical en cas de risque)

  • Par un proche signalant une pathologie évolutive

  • Par un inspecteur du permis lors de l'examen

  • Par un procureur dans le cadre d'une procédure pénale

Pour les seniors

Contrairement à une idée répandue, il n'existe pas de visite médicale obligatoire systématique pour les seniors en France pour le permis de catégorie B (voiture, moto). Toutefois :

  • Les permis professionnels restent soumis aux contrôles périodiques

  • Une pathologie déclarée peut imposer une visite

  • Le signalement par un médecin ou un proche peut déclencher un contrôle

  • Une aptitude temporaire déjà délivrée doit être renouvelée


Médecin agréé en ville ou commission médicale en préfecture

La distinction fondamentale

Selon le motif de la visite, vous devrez vous présenter soit devant un médecin agréé en ville, soit devant la commission médicale en préfecture.

Médecin agréé en ville (visite individuelle) :

  • Un seul médecin

  • Coût : 36 euros

  • Pour les visites de routine et certaines pathologies

  • Cabinet privé agréé par le préfet

  • Liste disponible sur le site de la préfecture

Commission médicale en préfecture (deux médecins) :

  • Deux médecins agréés

  • Coût : 50 euros

  • Pour les cas plus complexes

  • Locaux de la préfecture ou sous-préfecture

  • Convocation par le préfet

Quand passer en commission médicale ?

La commission médicale en préfecture est obligatoire dans plusieurs cas :

  • Après suspension pour alcool ou stupéfiants

  • Après annulation judiciaire du permis

  • Pour les permis du groupe 2 (poids lourds, transport en commun) après suspension

  • Pour les cas litigieux (avis défavorable d'un médecin agréé)

  • Pour le recours en cas d'avis défavorable initial

Dans les autres cas, le médecin agréé en ville suffit.

La liste des médecins agréés

La liste des médecins agréés est consultable :

  • Sur le site internet de votre préfecture

  • En préfecture ou en sous-préfecture sur demande

  • Sur certains sites de prise de rendez-vous en ligne

Attention aux plateformes commerciales proposant des rendez-vous rapides à des tarifs majorés. Beaucoup de préfectures ont fait remonter ces pratiques abusives et bloquent désormais ces réservations spéculatives.

Les délais d'obtention

Les délais de rendez-vous peuvent être très longs, particulièrement :

  • Dans les grandes villes (Paris, Lyon, Marseille, etc.)

  • Pour les commissions médicales en préfecture

  • Pendant les périodes de congés (été, fêtes)

Il est conseillé de prendre rendez-vous dès la notification de l'arrêté de suspension, sans attendre la fin de la période, pour ne pas prolonger la perte du permis au-delà du strict nécessaire.


Les documents à fournir

Pour la commission médicale en préfecture

Préparez les documents suivants :

  • Pièce d'identité valide (carte d'identité, passeport)

  • Cerfa 14880*02 pré-rempli (formulaire « Permis de conduire - Avis médical »)

  • Questionnaire de santé (annexe III de l'arrêté du 28 mars 2022)

  • Arrêté de suspension ou notification d'invalidation

  • Lettre de convocation de la préfecture

  • Permis de conduire (si disponible)

  • Règlement : 50 euros en chèque ou espèces

Le dossier médical

À ces documents s'ajoutent les pièces médicales :

  • Avis et comptes-rendus de médecins spécialistes consultés

  • Examens biologiques récents (selon le motif)

  • Imagerie médicale (IRM, scanner, radio) si pertinente

  • Ordonnances en cours

  • Carnet de vaccination dans certains cas

  • Lunettes ou prothèses auditives utilisées

Plus le dossier est documenté, plus la commission peut prendre une décision éclairée.

Le questionnaire de santé

Le questionnaire de santé est un document à remplir loyalement par l'usager avant la visite. Il porte sur :

  • Vos antécédents médicaux personnels

  • Vos traitements en cours

  • Vos opérations chirurgicales subies

  • Vos problèmes cardiaques, neurologiques, visuels, auditifs

  • Votre consommation d'alcool ou de substances

  • Vos précédentes visites médicales pour le permis

Attention : Toute déclaration mensongère peut entraîner l'annulation d'un avis favorable obtenu sur cette base. La loyauté est essentielle.

Les examens biologiques après alcool ou stupéfiants

Pour les suspensions liées à l'alcool ou aux stupéfiants, des examens biologiques sont systématiquement exigés :

Pour l'alcool :

  • CDT (Carbohydrate-Deficient Transferrin) : marqueur de consommation chronique

  • GammaGT : enzyme hépatique élevée en cas d'alcoolisation chronique

  • VGM (Volume Globulaire Moyen) : indicateur de la consommation d'alcool

Pour les stupéfiants :

  • Test urinaire avec dosage du toxique concerné (cannabis le plus souvent)

  • Éventuellement analyse de cheveux pour une fenêtre temporelle plus large

Les résultats doivent être récents (moins d'un mois généralement) et présentés directement aux médecins lors de la visite.


Le déroulement de la visite

L'accueil et la présentation des documents

Au jour et à l'heure de la convocation, vous vous présentez à l'accueil de la préfecture ou du cabinet du médecin avec tous vos documents. Le secrétariat ou le médecin vérifie :

  • La complétude du dossier

  • La validité des examens

  • L'identité du demandeur

  • Le règlement des frais

Si des pièces manquent, la visite peut être reportée ou poursuivie sous réserve de production ultérieure.

L'examen médical

L'examen médical proprement dit comprend plusieurs étapes :

1. Entretien clinique :

  • Reprise du questionnaire de santé

  • Discussion sur les antécédents et traitements

  • Évaluation du mode de vie (consommations, sommeil, stress)

  • Exploration des plaintes éventuelles

2. Examen physique :

  • Mesure de la tension artérielle

  • Évaluation cardiaque (auscultation, pouls)

  • Examen neurologique sommaire (réflexes, coordination)

  • Examen visuel (acuité, champ visuel, vision des couleurs)

  • Examen auditif sommaire

  • Évaluation cognitive (orientation, mémoire, attention)

3. Examens complémentaires éventuels :

  • Bilan sanguin complémentaire

  • Avis spécialisé (cardiologue, ophtalmologue, neurologue)

  • Test de conduite dans certains cas

  • Évaluation psychologique

La durée de la visite

La durée varie selon la complexité :

  • 15 à 30 minutes pour une visite simple

  • 30 à 60 minutes pour une visite après alcool ou stupéfiants

  • Plusieurs heures dans les cas les plus complexes

Comptez plus de temps pour la commission en préfecture (deux médecins, dossier à constituer).

La décision médicale

À l'issue de la visite, les médecins remplissent le Cerfa 14880*02 indiquant leur avis :

  • Apte (avec ou sans aménagement)

  • Apte temporaire (durée précisée)

  • Apte avec restrictions (conditions précises)

  • Inapte (avec ou sans possibilité de réévaluation)

Cet avis est ensuite transmis au préfet, qui prend la décision administrative définitive.


Le cas particulier des suspensions pour alcool ou stupéfiants

Les exigences spécifiques

Pour les conducteurs ayant subi une suspension pour alcool ou stupéfiants, la commission médicale exige systématiquement :

Examens obligatoires :

  • Examens biologiques cités plus haut

  • Avis psychiatrique dans certains cas

  • Test urinaire répété sur plusieurs mois pour les stupéfiants

  • Évaluation addictologique souvent demandée

Documents complémentaires :

  • Attestations de suivi thérapeutique

  • Justificatifs d'arrêt de consommation

  • Témoignages de l'entourage dans certains cas

Le nombre de visites obligatoires

Pour les conducteurs en suspension pour alcool ou stupéfiants :

Permis du groupe léger (catégorie B) :

  • 2 visites sur la période d'aptitude temporaire

  • Avis initial, puis renouvellement à l'issue

Permis du groupe lourd (poids lourds, transport en commun) :

  • 6 visites sur 3 ans

  • Suivi médical renforcé

  • Examens biologiques répétés

Pour comprendre les sanctions pour alcoolémie, consultez notre article sur le test salivaire de dépistage des stupéfiants.

L'aptitude temporaire sous protocole EAD

L'arrêté du 28 mars 2022 prévoit une possibilité particulière : l'aptitude temporaire sous protocole EAD (éthylotest anti-démarrage). Si la commission constate un trouble de l'usage d'alcool, elle peut :

  • Délivrer une aptitude temporaire

  • Conditionner l'aptitude à l'installation d'un EAD

  • Imposer un suivi médical régulier

  • Prescrire un stage de sensibilisation

L'EAD est alors imposé en complément ou à la place d'une période d'inaptitude. Pour comprendre ce dispositif, consultez notre article sur l'éthylotest anti-démarrage.

La persistance du trouble de l'usage

Si à la visite de renouvellement, la commission constate la persistance d'un trouble de l'usage d'alcool, plusieurs décisions sont possibles :

  • Prolongation de l'aptitude temporaire avec EAD

  • Renforcement du suivi médical

  • Inaptitude temporaire plus longue

  • Inaptitude définitive dans les cas extrêmes

Ces décisions ont des conséquences professionnelles importantes pour les conducteurs concernés.


Les avis possibles de la commission

L'aptitude

L'avis le plus favorable, qui signifie que le conducteur peut conduire sans restriction. Il est délivré lorsque les médecins estiment que :

  • Aucune affection incompatible n'est constatée

  • Les fonctions cognitives, sensorielles et motrices sont normales

  • Les examens biologiques sont conformes

  • L'état général est compatible avec la conduite

L'aptitude est en principe définitive, sauf changement de situation médicale ou nouvelle suspension.

L'aptitude temporaire

L'aptitude est délivrée pour une durée limitée, à l'issue de laquelle une nouvelle visite est nécessaire. Les durées habituelles sont :

  • 1 an : suspension récente pour alcool, problème médical à surveiller

  • 2 ans : situation stabilisée mais à confirmer

  • 3 ans : aptitude probatoire après période sans incident

  • 5 ans : situation jugée stable, surveillance allégée

À l'expiration de la durée, vous devez repasser la visite. À défaut, le permis devient invalide.

L'aptitude avec restrictions

L'aptitude est accordée mais sous conditions. Les restrictions habituelles sont :

  • Port obligatoire de lunettes ou prothèses auditives

  • Aménagement du véhicule (boîte automatique, commandes adaptées)

  • EAD obligatoire

  • Restriction horaire (interdiction de conduire la nuit)

  • Restriction kilométrique (rayon limité autour du domicile)

  • Restriction géographique

  • Limitation à certains types de véhicules

Ces restrictions figurent au permis sous forme de codes harmonisés européens.

L'inaptitude

L'inaptitude signifie l'impossibilité de conduire. Elle peut être :

  • Temporaire : avec possibilité de nouvelle évaluation

  • Définitive : sans perspective d'amélioration médicale

L'inaptitude entraîne l'impossibilité de détenir ou d'utiliser un permis de conduire. Le conducteur doit restituer son permis et ne peut pas conduire jusqu'à un éventuel avis favorable ultérieur.

La notification de la décision préfectorale

À l'issue de la visite, le préfet est saisi de l'avis médical et prend sa décision administrative dans un délai variable (généralement 1 à 3 mois). Cette décision est notifiée par lettre recommandée avec AR et précise :

  • L'avis retenu (apte, apte temporaire, apte avec restrictions, inapte)

  • La durée de validité éventuelle

  • Les restrictions imposées

  • Les voies et délais de recours

Vous devez respecter la décision du préfet même si vous la contestez par voie de recours.


Les recours en cas d'avis défavorable

La commission médicale d'appel

Premier niveau de recours, la commission médicale d'appel est une instance départementale ou régionale composée de trois médecins agréés. Elle :

  • Réexamine la situation médicale du conducteur

  • Consulte si nécessaire le médecin agréé initial

  • Procède à un nouvel examen

  • Transmet son avis au préfet

  • Rend une décision dans un délai variable

La saisine se fait par lettre recommandée avec AR adressée au préfet, dans le délai indiqué sur la notification de décision (généralement 2 mois).

Le recours contentieux

Si la commission d'appel confirme l'avis défavorable, ou directement après la décision préfectorale, vous pouvez engager un recours contentieux devant le tribunal administratif. Ce recours :

  • Doit être déposé dans un délai de 2 mois à compter de la notification

  • N'a pas d'effet suspensif automatique

  • Permet de contester la légalité de la décision

  • Peut être assorti d'un référé-suspension

Le tribunal administratif statue plusieurs mois après la requête. Pour comprendre la procédure de référé-suspension, consultez notre article sur la lettre 48 SI.

Le référé-suspension

Le référé-suspension (article L521-1 du Code de justice administrative) permet d'obtenir, en quelques semaines, la suspension de l'exécution de la décision préfectorale d'inaptitude. Trois conditions cumulatives sont requises :

  • Urgence (perte d'emploi, isolement géographique, etc.)

  • Doute sérieux sur la légalité de la décision

  • Compatibilité avec la sécurité publique

Cette procédure est particulièrement utile pour les conducteurs professionnels qui ne peuvent pas attendre plusieurs mois la décision du tribunal.

La nouvelle visite après 6 mois

Si la commission médicale d'appel confirme l'inaptitude, vous pouvez demander un nouveau contrôle médical dans les 6 mois suivant cette décision. Cette nouvelle visite suppose un changement notable de votre situation médicale (amélioration, traitement efficace, etc.).

Sans changement, demander une nouvelle visite trop tôt risque de conduire à la confirmation de l'inaptitude.

Les moyens de défense

Pour augmenter les chances de succès des recours, plusieurs moyens peuvent être invoqués :

  • Vice de forme : décision insuffisamment motivée, mention manquante

  • Erreur d'appréciation : examens favorables non pris en compte

  • Disproportion : restrictions excessives par rapport à la situation

  • Évolution favorable : amélioration médicale documentée

  • Avis contradictoire d'un spécialiste

Plus le dossier est documenté médicalement, plus les chances de succès sont élevées.


Le rôle de l'avocat

Avant la visite médicale

L'intervention d'un avocat avant la visite peut être utile pour :

  • Analyser les enjeux et les risques

  • Aider à préparer le dossier médical

  • Conseiller sur les pièces à produire

  • Identifier les arguments à mettre en avant

  • Anticiper les éventuels avis défavorables

Cette préparation est particulièrement importante pour les conducteurs professionnels.

Pour engager les recours

L'avocat est essentiel pour :

  • Rédiger le recours devant la commission médicale d'appel

  • Engager le recours contentieux devant le tribunal administratif

  • Préparer le référé-suspension en cas d'urgence

  • Plaider devant les juridictions administratives

  • Demander des expertises judiciaires complémentaires

La technicité de ces recours justifie un accompagnement spécialisé.

Pour coordonner avec la procédure pénale

Pour les conducteurs en suspension après alcool ou stupéfiants, l'avocat coordonne :

  • La procédure pénale devant le tribunal correctionnel

  • La procédure administrative de suspension préfectorale

  • La commission médicale d'aptitude

Cette coordination optimise la stratégie globale et évite les contradictions entre procédures.

L'aménagement professionnel

L'avocat peut également plaider devant le tribunal pour obtenir un aménagement professionnel de la suspension, permettant la conduite pour les besoins de l'activité professionnelle, sous conditions précises.

Le Cabinet Shalabi accompagne régulièrement les conducteurs confrontés à un contrôle médical d'aptitude, depuis la préparation jusqu'aux recours contentieux.


À retenir sur la commission médicale du permis

  • La commission médicale évalue l'aptitude à conduire selon l'arrêté du 28 mars 2022

  • Elle est obligatoire après suspension pour alcool, stupéfiants, ou pour problèmes de santé

  • Médecin agréé en ville (36 €) ou commission en préfecture (50 €) selon le cas

  • Les examens biologiques sont systématiques pour alcool et stupéfiants

  • Quatre avis possibles : apte, apte temporaire, apte avec restrictions, inapte

  • L'avis médical est transmis au préfet qui prend la décision finale

  • La commission médicale d'appel constitue le premier recours

  • Le tribunal administratif et le référé-suspension permettent un recours contentieux

  • Une nouvelle visite peut être demandée 6 mois après un refus

  • L'accompagnement d'un avocat optimise les chances de succès des recours

Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis juridique adapté à votre situation.


Questions fréquentes sur la commission médicale du permis

Combien coûte une visite médicale du permis ?

Le médecin agréé en ville facture 36 euros, et la commission médicale en préfecture 50 euros. À ces coûts s'ajoutent les examens biologiques (50 à 150 euros) et les éventuels avis spécialisés (50 à 200 euros par consultation). Aucun de ces frais n'est pris en charge par la Sécurité sociale.

Combien de temps avant la fin de ma suspension dois-je passer la visite ?

Il est conseillé de prendre rendez-vous dès la notification de l'arrêté de suspension, voire dès la garde à vue. Les délais peuvent être très longs dans certaines préfectures (plusieurs mois). Un rendez-vous tardif prolonge automatiquement la perte du permis au-delà de la suspension légale.

Mon médecin traitant peut-il faire la visite ?

Non. L'article R226-2 du Code de la route interdit expressément à un médecin agréé de réaliser le contrôle médical d'une personne dont il est le médecin traitant. Vous devez choisir un autre médecin agréé.

Peut-on contester un avis d'inaptitude ?

Oui. Trois voies de recours existent : la commission médicale d'appel (premier recours), le tribunal administratif (recours contentieux dans les 2 mois), et le référé-suspension en cas d'urgence. Une nouvelle demande peut également être présentée 6 mois après le refus.

Que se passe-t-il si je conduis malgré une inaptitude ?

Conduire malgré une inaptitude médicale notifiée constitue un délit. Vous risquez les sanctions prévues pour conduite sans permis valide : amende, suspension, voire confiscation du véhicule. Votre assurance peut également refuser de couvrir un sinistre dans ces conditions.

Les seniors doivent-ils passer une visite médicale ?

Pas systématiquement pour les permis non professionnels (catégorie B). En revanche, les permis professionnels imposent des visites périodiques selon l'âge (tous les 5 ans avant 60 ans, 2 ans entre 60 et 76 ans, 1 an après 76 ans). Un signalement ou une pathologie peut imposer une visite quel que soit l'âge.

Comment se passe la visite après une suspension pour alcool ?

Vous devez présenter des examens biologiques récents (CDT, GammaGT, VGM) et éventuellement un suivi addictologique. La commission peut prescrire l'installation d'un EAD comme condition d'aptitude. Les visites sont généralement renouvelées tous les ans ou tous les 2 ans pour confirmer l'absence de récidive.

Mon dossier médical est-il confidentiel ?

Les informations médicales restent couvertes par le secret médical entre vous et les médecins. La commission ne transmet au préfet que l'avis d'aptitude (apte, inapte, etc.), sans détailler les pathologies. Toutefois, les motifs de restriction figurent au permis sous forme de codes harmonisés.

Que faire si la commission me déclare inapte ?

Plusieurs options s'offrent à vous : engager un recours devant la commission médicale d'appel, saisir le tribunal administratif, demander un référé-suspension en cas d'urgence professionnelle, ou attendre 6 mois pour une nouvelle visite avec un dossier amélioré. L'accompagnement par un avocat optimise les chances de réussite.

La visite médicale figure-t-elle au casier judiciaire ?

Non. La visite médicale est une procédure administrative qui n'apparaît pas au casier judiciaire. En revanche, l'infraction routière ayant entraîné la suspension peut y figurer si elle a fait l'objet d'une condamnation pénale.

Pour toute question sur une visite médicale obligatoire ou pour engager un recours contre une décision défavorable, prenez rendez-vous avec un avocat en droit routier pour une analyse personnalisée de votre situation.